Aller passer quinze jours de vacances dans sa belle famille à Noirmoutier, voilà qui est assommant quand on se sent débordé de travail. Pour n’avoir pas à subir, ne faut-il pas déconnecter ? Le peut-on, quand on est récupéré par les étés antérieurs, jusqu’à celui-là, qui changea une vie en destin ?
Un roman à prendre au printemps, à lire en juin, en parler en juillet et à ne surtout pas vivre en août. Quoique…
Une maison de famille devient un cercle culturel. L’administration s’empare d’un lieu hanté par son passé et la personnalité de son dernier propriétaire, Giselle de Roncenay. À travers la vie de cette femme (1906-1999), ses amours, ses décisions, ses amitiés et à travers la description d’un lieu hanté par quelques démons, un large pan culturel est décrit, mêlant fiction et réalité.
En hiver 1930, le chef d’orchestre Pemotshi et sa femme, Letizia, chanteuse, sont invités en résidence à Roncenay (Seine-Maritime). Giselle de Roncenay invite en effet des artistes à travailler chez elle, dans les dépendances de sa maison, qu’elle a aménagées pour qu’ils puissent créer à leur aise. Chaque année, des couples séjournent et une même histoire se répète : l’homme s’acharne au travail, la femme se promène et se laisse séduire par Feicul, l’humble harmonium de l’église, artiste absolu ( ?), frère du serviteur Natas, avec qui elle répète l’air de Bellini, Casta Diva.
De 1930, achat de la maison, à 1962, Giselle de Roncenay reçoit tout ce qui a compté dans la vie artistique : Supervielle, Malraux, Balthus, Aragon, Dufy, Sartre, Arp, Bernanos, Vian, Moravia, Dubuffet, Jolivet, Matisse, Messiaen, Robbe-Grillet, Roger Nimier, Philippe Sollers… Devenue intime avec André Malraux, premier ministre de la culture en France, elle devient sans le savoir une actrice primordiale dans la création artistique de son temps. À partir de 1962, elle donne à sa maison une tournure familiale, n’y recevant plus que quelques bons amis et les siens : trois enfants qu’elle a eus de trois maris différents. Elle meurt dans les années quatre-vingt, laissant une succession impossible. Le vieux Natas est congédié et installé dans une maison de retraite.
Roncenay a été donné à l’Etat pour devenir un lieu de création artistique. Une dizaine d’administratifs gère le site qui doit ouvrir ses portes à travers l’exposition Casta Diva, montrant des souvenirs de Pemotshi et Letizia. Pour l’occasion, on recrute un professionnel de la communication et de la presse, Antoine, qui est, sans qu’on le sache, le petit-fils de Gisèle de Roncenay. Gouffre financier, le centre culturel Roncenay est menacé de disparaître, la falaise s’effritant sous ses fondements. La mémoire d’un monde vacille. Les autorités administratives en font le siège de la région avec son musée agricole, ses dégustations de produits régionaux, un supermarché, une vitrine régionale. On le débaptise pour « centre culturel François Carbon », du nom d’un Résistant.
Première phrase : "Giselle ne s'habillait jamais avant midi"
Deux frères émigrent en France pour des raisons politiques, et deviennent d'actifs militants de la liberté et de l'égalité.
La nostalgie de l'Archipel, leur patrie, pousse l'aîné à écrire et le cadet à sortir de lui-même, à vivre son homosexualité avec frénésie. Cherchant à comprendre ce qui s'est passé, maudissant la terre de la fraternité, l'écrivain retourne dans l'Archipel condamné à disparaître sous les cyclones et la montée de l'océan. Le réchauffement du climat a ses conséquences. La mort du frère en serait-elle une?
Première phrase : "Depuis quarante-huit heures, tout se déroulait selon les plans."
Anne-Marie Déguin-Garnier est atteinte de la maladie de l'Ours, la maladie de l'oubli, sorte de maladie d'Alzheimer. Son mari, Nondy, son frère André, ses enfants (Geneviève, Guillaume et Agathe) se révèlent à leur manière à travers la maladie et en deviennent le reflet. Une singulière aide-soignante, Scardanella, intervient dans la vie familiale, cristallisant les angoisses et les espoirs.
La maladie d'Alzheimer atteint plus d'un million de personnes en France (2,5 millions aux États-Unis). De nombreux ouvrages ont été publiés sur le sujet : essais, études, romans, récits biographiques…La Maladie des autres s'en démarque par l'atmosphère minimaliste du récit ; la froideur stylistique qui marque une distance entre la narration et l'événement ; l'émotion enfin suscitée par un dénouement conforme aux initiales de l'héroïne : AMDG.
Première phrase : « Une estafette de fleuriste s’arrêta rue du Palais »
Vidéo
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